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Angkor Vat vu par Henri Mouhot

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Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos et autres parties centrales de l'Indo-Chine.
Henri Mouhot, 1868

Après avoir enseigné le français à Saint-Pétersbourg et parcouru la Russie, l'explorateur et naturaliste Henri Mouhot embarque à Londres en 1858  pour explorer le cours inférieur du Mékong et la péninsule indochinoise: les royaumes de Siam, de Laos et de Cambodge. Le 23 décembre, il quitte Bangkok et traverse le golfe de Siam jusqu'à Kampot, seul port du Cambodge à cette époque. Puis il gagne Udong, d'où il explore des territoires isolés, peuplés de tribus dont il étudie les mœurs. Ensuite, il se dirige vers l’ouest du pays, pour y découvrir Angkor, huit ans après Charles Bouillevaux. 

C'est en janvier 1860 qu'il découvre, fasciné, les ruines de l'ancienne capitale du grand empire khmer. Il en fait un récit publié par La revue Le Tour du Monde sous la forme d'un feuilleton qui enflamme l'imagination des lecteurs. Sept ans après sa mort au Laos, la publication en 1868 de ses carnets de route: Voyage dans les royaumes de Siam, de Cambodge, de Laos et autres parties centrales de l'Indo-Chine, va alimenter la fièvre pour le Cambodge qui gagne Paris et contribuer à populariser Angkor Vat dans le monde occidental. Impressionné au plus haut pointvoici la description passionnée que livre Henri Mouhot:

« Nokhor ou Ongkor était la capitale de l'ancien royaume du Cambodge, si fameux autrefois parmi les grands États de l'IndoChine que la seule tradition encore vivante dans le pays rapporte qu'il comptait cent vingt rois tributaires, une armée de cinq millions de soldats, et que les bâtiments du trésor royal couvraient à eux seuls un espace de plusieurs lieues.
Dans la province qui a conservé le même nom et qui est située à l'est du grand lac Tonle Sap, se trouvent des ruines si imposantes, fruit d'un travail tellement prodigieux, qu'à leur aspect on est saisi de la plus profonde admiration, et que l'on se demande ce qu'est devenu le peuple puissant, civilisé et éclairé, auquel on pourrait attribuer ces couvres gigantesques.
(...)

Un travail de géants! L'expression certainement serait juste si on l'employait au figuré pour parler de ces travaux prodigieux dont la vue seule peut donner une juste idée, et dans lesquels la patience, la force et le génie de l'homme semblent s'être surpassés, afin de confondre l'imagination et laisser des preuves de leur puissance aux générations futures.
(...)
Enfin, après trois heures de marche dans un sentier couvert d'un lit profond de poussière et de sable fin qui traverse une forêt touffue, nous débouchâmes tout à coup sur une belle esplanade pavée d'immenses pierres bien jointes les unes aux autres, bordée de beaux escaliers qui en occupent toute la largeur et ayant à chacun de ses quatre angles deux lions sculptés dans le granit. 
Quatre larges escaliers donnent accès sur cette plateforme. 
De l'escalier nord, qui fait face à l'entrée principale, on longe pour se rendre à cette dernière une chaussée longue de deux cent trente mètres, large de neuf, couverte ou pavée de larges pierre de grès et soutenue par des murailles excessivement épaisses. 
Cette chaussée traverse un fossé d'une grande largeur qui entoure le bâtiment, et dont le revêtement, qui a trois mètres de hauteur sur un mètre d'épaisseur, est aussi formé de blocs de concrétions ferrugineuses, à l'exception du dernier rang, qui est en grès, et dont chaque pierre a l'épaisseur de la muraille.
Epuisés par la chaleur et une marche pénible dans un sable mouvant, nous nous disposions à nous reposer à l'ombre des grands arbres qui ombragent l'esplanade, lorsque, jetant les yeux du côté de l'est, je restai frappé de surprise et d'admiration.

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Au-delà d'un large espace dégagé de toute végétation forestière s'élève, s'étend une immense colonnade surmontée d'un faîte voûté et couronnée de cinq hautes tours. La plus grande surmonte l'entrée, les quatre autres les angles de l'édifice; mais toutes sont percées, à leur base, en manière d'arcs triomphaux. 
(...)
Nous mîmes une journée entière à parcourir ces lieux, et nous marchions de merveille en merveille, dans un état d'extase toujours croissant.
Ah! que n'ai-je été doué de la plume d'un Chateaubriand ou d'un Lamartine, ou du pinceau d'un Claude Lorrain, pour faire connaître aux amis des arts combien sont belles et grandioses ces ruines peut-être incomparables, seuls vestiges d'un peuple qui n'est plus et dont le nom même, comme celui des grands hommes, artistes et souverains qui l'ont illustré, restera probablement toujours enfoui sous la poussière et les décombres.
J'ai déjà dit qu'une chaussée traversant un large fossé revêtu d'un mur de soutènement très épais conduit à la colonnade, qui n'est qu'une entrée, mais une entrée digue du grand temple. De près, la beauté, le fini et la grandeur des détails l'emportent de beaucoup encore sur l'effet gracieux du tableau vu de loin et sur celui de ses lignes imposantes. 
Au lieu d'une déception, à mesure que l'on approche, on éprouve une admiration et un plaisir plus profonds. Ce sont tout d'abord de belles et hautes colonnes carrées, tout d'une seule pièce; des portiques, des chapiteaux, des toits arrondis en coupoles; le tout construit en gros blocs admirablement polis. taillés et sculptés.
A la vue de ce temple, l'esprit se sent écrasé, l'imagination surpassée; on regarde, on admire, et, saisi de respect, on reste silencieux; car où trouver des paroles pour louer une oeuvre architecturale qui n'a peut-être pas, qui n'a peut-être jamais eu son équivalent sur le globe. 

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Qui nous dira le nom de ce Michel-Ange de l'orient qui a conçu une pareille oeuvre, en a coordonné toutes les parties avec l'art le plus admirable, en a surveillé l'exécution de la base au faîte, harmonisant l'infini et la variété des détails avec la grandeur de l'ensemble et qui, non content encore, a semblé chercher partout des difficultés pour avoir la gloire de les surmonter et de confondre l'entendement des générations à venir! 
Par quelle force mécanique a-t-il soulevé ce nombre prodigieux de blocs énormes jusqu'aux parties les plus élevées de l'édifice, après les avoir tirés de montagnes éloignées, les avoir polis et sculptés?
(...)
Ce monument, ainsi qu'on peut le voir par le plan général, qui en donnera une idée plus claire que la description technique la plus détaillée, se compose de deux carrés de galeries concentriques et traversées à angle droit par des avenues aboutissait à un pavillon central, couronnement de l'édifice, saint des saints, pour lequel l'architecte religieux semble avoir réservé les détails les plus exquis de son ornementation. Dans ce tabernacle, une statue de Bouddha, présent du roi actuel de Siam, trône encore, desservie par de pauvres talapoins dispersés dans la forêt voisine, et attire de loin en loin à ses pieds quelques fidèles pèlerins. Mais que sont ces dévotions comparées aux solennités d'autrefois, alors que les princes et rois de l'extrême-orient venaient en personne rendre hommage à la divinité tutélaire d'un puissant empire; que des milliers de prêtres couvraient de leurs processions les gradins et les terrasses de ce temple immense; que du haut de ses vingt- quatre coupoles le son des cloches répondait au carillon des innombrables pagodes de la capitale voisine; de cette Ongkor la Grande, dont l'enceinte de quarante kilomètres de pourtour a pu, certes, contenir autant d'habitants que les plus peuplées métropoles de l'occident ancien ou moderne! »

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Les temples khmers: sommaire

Le groupe de Roluos


Au début du 9e siècle, Jayavarman II fonde l'Empire Khmer, dont il établit la première capitale à Hariharalaya sur le site de Roluos. Après sa mort vers 855, ses successeurs feront édifier à Hariharalaya le Preah Ko, le temple d'état du Bakong puis le Lolei. Ces trois temples, les plus anciens du site d'Angkor, forment le groupe de Roluos.

Le Pre Rup et le Banteay Srei


Le Pre Rup et le Banteay Srei ont été construits sous le règne de Rajendravarman II qui débuta en 944 et qui verra l'empire khmer s'étendre. Angkor s'organise alors autour de son nouveau temple d'état, le Pre Rup. Le Banteay Srei, fondé en 967 par un brahmane, n'est pas un temple royal. A l'écart de la capitale, ce petit temple plat est cependant exceptionnel pour ses décors sculptés.

Ta Keo, le temple inachevé


A la mort de Rajendravarman II débute le règne de Jayavarman V, qui fait édifier son temple d'État, le Ta Keo, à l'ouest du grand Baray oriental. Mais il ne sera jamais achevé, les énormes blocs de grès qui le constituent étant ainsi dépourvus de décors sculptés.

Jayavarman VII, le roi constructeur


Jayavarman VII fut le dernier grand roi de l'Empire khmer, dont il restaura la puissance en chassant les Chams quatre ans après la mise à sac d'Angkor en 1177. Il édifia une nouvelle capitale, la célèbre Angkor Thom, initiant une politique de constructions d'une ampleur encore jamais atteinte avec les temples du Bayon et du Ta Prohm ainsi que les terrasses des éléphants et du roi lépreux.

Le temple de Preah Vihear


Le temple de Preah Vihear, situé au nord du pays, a été édifié sur un plateau qui domine la plaine du Cambodge au sud, et la Thaïlande au nord. Le site, particulièrement bien préservé en raison de sa situation reculée, est exceptionnel de par son architecture unique, une série de sanctuaires reliés par un système de chaussées et d’escaliers le long d’un axe de 800 mètres nord-sud.

Koh Ker et la vocation funéraire des temples khmers


Quelle était la véritable fonction des temples d'Angkor? Le site d'Angkor résulte de l'agglomération de plusieurs cités construites autour des grands temples royaux. Chaque règne était un recommencement: pourquoi chaque roi devait-il édifier son propre temple royal? L'archélogue français Eric Bourdonneau cherche les réponses à ces questions à Koh Ker, capitale éphèmère de l'Empire Khmer au 10e siècle, dont le temple royal est le plus grand de l'histoire de l'Empire khmer.

Les premiers photographes d'Angkor


Au milieu du 19ème, le monde occidental et la France découvrent Angkor, d'abord à travers des récits de voyageurs. Mais une invention récente, la photographie, se développe et les premiers photographes se rendront bientôt à leur tour à Angkor pour en ramener des images qui fascineront tout autant. 

Louis Delaporte et Angkor


Louis Delaporte est une figure importante dans la découverte de la civilisation khmère. Tout commence en 1866 quand Louis Delaporte participe à la mission d'exploration du Mekong de Doudart de Lagrée. Choisi pour ses qualités de dessinateur, il vit le grand choc de sa vie en découvrant le site d'Angkor. Plus tard, il se battra pour la reconnaissance de l'art khmer et la création du Musée des antiquités cambodgiennes du Trocadéro en 1888.

Les dieux du Phnom Bok: Shiva, Vishnou et Brahma


Le Phnom Bok, édifié au début du 10ème siècle, est le troisième temple montagne construit sous le règne de Yasovarman Ier, après le Phnom Bakheng et le Phnom Krom, tous dédiés à la triade brahmanique: Shiva, Visnu et Brahma. Situé sur une des rares collines de la région de Siem-Reap, il est composé de trois tours-sanctuaires remarquables par la qualité de leur ornementation. 

1931: l'Angkormania, construction politique?


En mai 1931 s'ouvre l'exposition coloniale internationale à Paris, dont Angkor est la grande star. Angkor fascine depuis la fin du 19e siècle mais l'Angkormania prend une ampleur nouvelle grâce à une débauche de moyens de l'Etat français en vue de promouvoir sa politique coloniale, alors que la France réprime durement une opposition de plus en plus marquée à sa présence en Indochine.

Le groupe de Roluos: les plus anciens temples d’Angkor

Au début du 9e siècle, Jayavarman II unifia les différents états khmers en un seul empire appelé Kambuja, l'Empire Khmer, dont il établit d'abord la capitale à Hariharalaya sur le site de Roluos, avant de la déplacer sur le plateau du phnom Kulen... pour finalement revenir à Hariharalaya. Après sa mort vers 855, Jayavarman III, son fils, puis Indravarman Ier, consolideront l'Empire et feront édifier à Hariharalaya le Preah Ko, temple à la mémoire des ancêtres royaux, puis le temple d'état du Bakong. Avec le Lolei, édifié autour de 1890 par Yaçovarman 1er, ces temples, les plus anciens du site d'Angkor, forment le groupe de Roluos.

Preah Kô, le taureau sacré


Érigé en 879 par Indravarman Ier en l’honneur de ses ancêtres, le Preah Kô est l’un des plus anciens temples khmers, le premier construit dans la région d'Angkor. Il doit son nom aux trois statues de "Nandin", les taureaux sacrés, faisant face aux sanctuaires. De plan rectangulaire, ce temple compte six tours de briques, autrefois couvertes d'enduit décoré, organisées en deux rangées sur une même terrasse. 

Les tours, de proportions inégales, sont dédiées aux précédents rois khmers et à leurs reines, tous divinisés. A l'est, les trois grandes tours sont dédiées aux divinités masculines, dont la plus imposante, au centre, à Jayavarman II, fondateur de l'Empire, tandis que les trois autres, à l'ouest, sont dédiées aux divinités féminines. Dans les tours orientales, des niches abritent des gardiens, les dvârapâla, remplacés par des personnages féminins, les devatâ, dans les tours occidentales. 

Seuls les linteaux de grès qui surmontent les portes des tours, en pierre par nécessité architecturale, comportent des bas-reliefs encore visibles. d’une finesse remarquable. Les techniques de construction évolueront avec les temples du Bakong et du Lolei, où les encadrements de portes seront sculptés dans un seul bloc de grès. Mais le Bakong allait amener une autre innovation, déterminante...

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Le Preah Koh, groupe de Roluos

Le Bakong, premier temple-montagne


Construit en 881 et dédié à Shiva, le Bakong était le temple d'état Indravarman I et constituait le principal lieu de culte de la cité, situé en son centre. Le temple était totalement détruit lorsqu’il fût dégagé en 1936, contrairement aux autres temples d'Angkor, partiellement en ruines mais encore debout. Ici, 
on ignorait tout de ce temple disparu qui ne formait plus qu’un amas de blocs de pierres disséminés. Il se révélera d'une importance capitale, maillon essentiel dans la genèse de l'architecture khmère.

Il apparaît en effet comme un prototype du temple-montagne caractéristique de la civilisation khmère et de son héritage religieux et architectural indien. Pour les Khmers, le temple-montagne symbolisait le mont Meru, représentant dans la mythologie hindoue le centre de l'univers, une montagne sacrée sur laquelle demeurent les dieux. Le Bakong prend ainsi la forme d'une pyramide à cinq degrés sur une base carrée de 65 mètres de côté, entourée de huit tours en brique, symbolisant les huit corps de Shiva.

Le sanctuaire central primitif couronnant la pyramide a disparu, remplacé au 12e siècle par une tour dans le style d'Angkor Vat. Le gradin supérieur de la pyramide avait son mur de soutènement orné de bas-reliefs sur les quatre côtés, dont il ne reste aujourd’hui qu'une petite partie au sud. Le temple est entouré de douves et de trois murs d'enceinte, dont la plus grande mesure 900 mètres sur 700. Ce premier temple-montagne construit en grès influencera les développements ultérieurs de l'architecture khmère.


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Vue aérienne des enceintes du Bakong

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Plan du Bakong

Lolei, le temple sur une île


L'agriculture ne parvenant plus à nourrir une population grandissante, Indravarman Ier creuse un immense lac artificiel, l’Indratataka, rouage essentiel d'un immense et complexe système d'irrigation, dont l'enjeu est de dompter un climat extrême marqué par une saison sèche de 6 mois et une saison des pluies concentrant 90% des précipitations annuelles. A la mort d'Indravarman I en 889, son fils Yasovarman Ier lui succède et fait édifier en la mémoire de son père le temple du Lolei sur une île au centre de l'Indratataka.

Aujourd’hui, il ne subsiste de ce temple que quatre tours de brique, dont les plus grandes, surmontées de quatre faux étages, sont situées à l’Est. Elles furent édifiées sur un soubassement qui se trouve aujourd'hui au-dessous du niveau du sol. Leur implantation laisse supposer que le projet devait initialement en compter six, comme à Preah Kô, avec lequel Lolei partage d'autres similitudes: dvârapâlas et devatas protégeant les portes des tours, dont les piédroits portent également des inscriptions. Effectuées dans une belle calligraphie, elles fournissent de précieuses indications sur l'édification du temple. Le site a également été profondément remanié par les bonzes qui s'y sont installés depuis plusieurs siècles, notamment l’agencement des deux terrasses en gradin sur lequel repose l’édifice.

Le Pre Rup et le Banteay Srei

Le Pre Rup et le Banteay Srei ont été construits sous le règne de Rajendravarman II qui débuta en 944. Ses victoires militaires lui permettront d'occuper le champa et d'étendre l'empire khmer. Angkor s'organise alors autour de son nouveau temple d'état, le Pre Rup. Le Banteay Srei, fondé en 967 par un brahmane, n'est pas un temple royal et se situe un peu à l'écart de la capitale. De petite taille, il est cependant exceptionnel pour ses décors sculptés.

Le Pre Rup


Construit au sud du baray oriental, le Pre Rup est consacré à Śiva. Son plan est proche de celui du Mébon oriental, érigé un peu plus tôt par le même roi au milieu du baray oriental, et de dimensions comparables: un plan carré de 120 m de côté. Mais, à la différence du Mébon oriental, il a été conçu comme une pyramide à gradins, que l'on gravit par des escaliers escarpés gardés de lions et qui supporte cinq tours dédiées à des divinités. Outre ces deux temples, Rajendravarman II fera construire de nombreux autres temples et monastères, perpétuant la tradition de rois bâtisseurs de ses ancêtres.

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Lion gardant un escalier du Pre Rup
Albums photo des temples d'Angkor

Le Banteay Srei


A cette époque, certains dignitaires accroissent leur pouvoir et font également ériger des monuments exceptionnels, à l'image du Banteay Srei, littéralement "la citadelle des femmes". Fondé en 967 par le brahmane Yajnavaraha, prêtre, médecin, astronome et musicien à la cour de Rajendravarman II, maître spirituel du futur Jayavarman V, ce temple a été construit sur le site de l'ancienne ville d'Iśvarapura à une vingtaine de kilomètres au nord-est d'Angkor. Il est dédié à Tribhuvanamaheśvara, le Seigneur des Trois Mondes. 

La couleur rose de son grès et la finesse extrême de ses sculptures font de ce temple un joyau de l'art khmer. Ses bas-relief, ciselés dans la pierre, sont d’une précision et d’une invention exceptionnelle. De petite taille, le Banteay Srei est presque entièrement couvert d'ornementations, cas unique à Angkor, à propos duquel Maurice Glaize écrit ainsi dans les Monuments du groupe d'Angkor: « Les proportions réduites de Banteay Srei n’ont pas manqué de surprendre et demeurent inexpliquées. C’est un sorte de caprice oû le détail, d’une abondance et d’une joliesse incomparables, l’emporte sur la masse. »

Contrairement à la plupart des temples d’Angkor, le Banteay Srei n’est pas un temple royal. Ceinturé de douves, le Banteay Srei est un temple plat. Il se compose de trois enceintes successives limitées par de simples murs.  L'enceinte extérieure mesure 95 m de large sur 110 m de long, avec des gopuras à l'est et à l'ouest, comme sur la deuxième enceinte de 38 m de large sur 42 m de long. La première enceinte, de 24 m de côté, est construite en brique, contrairement aux autres; on y pénètre par deux portes situées à l'est et à l'ouest. Elle contient trois tours sanctuaires et deux "bibliothèques", qui ont fait l’objet d’une restauration complète.

Resté longtemps isolé dans une région envahie par la forêt, sa redécouverte remonte à 1914 et son dégagement n’a été décidé qu’en 1924. Sa restauration, initiée en 1931 par le conservateur des monuments d’Angkor de l’époque, Henri Marchal, nécessitera cinq ans de travaux, du fait de l’éloignement du site, difficilement accessible.

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Linteau et frontons sculptés au Banteay Srei
Albums photo des temples d'Angkor

L'Affaire Malraux


En 1923, après deux années de bohème à Paris qui ont consommé toutes leurs économies, Clara et André Malraux embarquent à Marseille sur "L'Angkor" pour une traversée d'un mois vers le Cambodge. Quelques semaines plus tôt, André avait exposé son projet à sa compagne: « Du Siam au Cambodge, le long de la voie royale qui va de Dangrek à Angkor, il y a de grands temples, ceux qui ont été repérés et décrits dans l'Inventaire, mais il y en a sûrement d'autres, encore inconnus aujourd'hui...Nous allons dans quelque petit temple du Cambodge, nous enlevons quelques statues, nous les vendons en Amérique, ce qui nous permettra de vivre ensuite tranquillement pendant deux à trois ans. »

Avant le départ, Malraux, passionné d'art khmer, a contacté de riches collectionneurs susceptibles d'acheter des sculptures khmères. Il possède également un ordre de mission du ministère des Colonies. S'il lui permet apparemment de faire des recherches au Cambodge, le représentant de l'administration coloniale à Siem Reap lui explique que les temples de la région sont protégés depuis peu par une loi. Loin de renoncer, André Malraux et son équipe mettent le cap sur un temple peu connu et isolé au nord d'Angkor, le Banteay Srei, encore à l'état de ruine à cette époque. Après deux jours de travail acharné, quatre grands morceaux de bas-reliefs, soit une tonne de pierres, sont chargés sur les chars à boeufs, puis la vedette fluviale pour Phnom-Penh.

Le 23 décembre, à leur arrivée, ils sont arrêtés par les gendarmes, dénoncés par un de leurs guides khmers. Assignés à résidence, ils sont jugés en juillet 1924: André Malraux est condamné à trois ans de prison ferme et son ami à 18 mois, Clara bénéficiant d'un non-lieu. De retour en France, elle se bat pour son mari et mobilise l'intelligentsia parisienne. En octobre, la cour d'appel de Saigon réduit la peine d'André Malraux à un an de prison avec sursis et celle de son ami à huit mois avec sursis. De retour à Paris, Malraux signe un contrat chez Grasset, bénéficiant de la publicité sulfureuse que lui apporte cette affaire, et publie cinq ans plus tard "La Voie Royale". 

Ta Keo, le temple inachevé

En 968, à la mort de Rajendravarman II, débute le règne de Jayavarman V qui établit une nouvelle capitale, Jayendranagari. Le nouveau roi y fait construire son temple d'État, le Ta Keo, à l'ouest du grand Baray oriental. Une chaussée pavée relie le temple à un débarcadère sur les rives du Baray. Cet imposant temple-montagne ne sera jamais achevé, du fait de la mort de Jayavarman V en 1001. Les énormes blocs de grès qui le constituent sont ainsi dépourvus de bas-reliefs, lui donnant un aspect brut et un caractère particulier. Les travaux ont été interrompus après le dégauchissage des blocs, qui constitue la seconde opération après leur montage, et seules quelques pierres ont été sculptées. Après son accession au trône en 1010, le roi Suryavarman I fera don du temple à son ministre. 

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Vue générale du Ta Keo

Ta Keo, premier temple-montagne de grès


Commencé vers 985 et consacré autour de l’an 1000, le Ta Keo, dédié à Shiva, est le premier temple-montagne entièrement édifié en grès, sur des soubassements en latérite. Il prend la forme d'une pyramide à trois étages, haute de 21 m, symbolisant le mont Meru, la résidence des dieux. Les deux premiers niveaux forment des cours rectangulaires, tandis que le dernier, qui se subdivise en trois gradins, constitue le socle des cinq tours sanctuaires. L'ensemble est ceinturé de douves, qui symbolisent les océans entourant le mont Meru dans l'architecture du temple-montagne khmer.

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Plan du Ta Keo

Son enceinte extérieure prend la forme d'un premier gradin de 122 m par 106, entouré d'un mur ponctué de gopura aux quatre points cardinaux. Le second niveau, également doté de quatre gopura, est entouré d’une galerie continue, au lieu d'un mur précédemment. Cette innovation architecturale sera dès lors reproduite dans tous les temples khmers. Quatre escaliers très raides permettent de gravir les trois derniers niveaux. Au pied de l'escalier est se trouve une statue d'un "nandi", le taureau sacré monture de Shiva, comme au Preah Kô par exemple, où trois "nandin" font face aux portes des sanctuaires.

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Escalier du Ta Keo

Au sommet, cinq tours sanctuaires se dressent sur une terrasse carrée de 45 m de côté. Conformément à la tradition, la tour centrale est surélevée, culminant à près de 50 m, alors que les quatre tours situées aux angles du carré sont plus basses. Les sanctuaires ont quatre portes, alors qu'ils n'en comptaient généralement qu'une seule dans les monuments antérieurs, généralement à l'est, et de fausses portes dans les autres directions.
Dégagé de la jungle entre 1920 et 1922 par Henri Marchal, le Ta Keo souffre aujourd'hui d'une érosion accélérée, du fait notamment de la disparition de la végétation tropicale qui le protégeait contre le soleil et la pluie.

Jayavarman VII, le roi constructeur

Jayavarman VII, dont le règne débuta en 1181, fût le dernier grand roi de l'Empire khmer. Suite à la prise d'Angkor par les Chams en 1177, Jayavarman VII restaura la puissance de l'Empire khmer, chassant l'ennemi lors d'une bataille sur le lieu de laquelle il fera construire plus tard le temple Preah Khan. Son armée s'empara ensuite de la capitale du royaume cham, qui se trouva réduit en 1203 à l'état de province khmère. Son empire couvrait alors outre l'actuel Cambodge, le sud du Laos et le nord de la Thaïlande. Angkor est alors une ville dont l'échelle est comparable à une mégalopole contemporaine, dans laquelle vivent 750000 habitants. Les temples étaient reliés entre eux par des routes et des canaux, irriguant un tissu urbain constitué d'habitations construites en bois.

Jayavarman VII célébra ses succès militaires en construisant une nouvelle capitale, la célèbre Angkor Thom, et en initiant une politique de constructions d'une ampleur encore jamais atteinte, qui donnera naissance aux temples du Bayon et du Ta Prohm, sans oublier les terrasses des éléphants et du roi lépreux. Il fera ériger autant de temples que l'ensemble des souverains l'ayant précédé. Cette campagne de construction sans précédent bouleversera le mode de vie à Angkor, monopolisant une grande partie de la population. Traumatisé par la destruction d'Angkor, Jayavarman VII s'efforcera de renfocer la puissance religieuse de sa ville pour que les dieux la protègent mieux, hissant le bouddhisme Mahāyāna au rang de religion d'État.

Le temple du Bayon


Son temple d'État était l'imposant Bayon, dédié à Bouddha, situé à l'intersection des routes Nord-Sud et Est-Ouest au centre d'Angkor Thom. Construit en grès et en latérite, il est le dernier des "temples-montagnes" bâti à Angkor. Il se compose de trois étages et de trois enceintes successives, occupant une superficie de 144 mètres sur 228, pour une hauteur de 42 mètres. Caractéristique de l'architecture khmère du 12e siècle, il est constitué de tours et de pavillons reliés entre eux par des galeries.


Le Bayon est surtout célèbre pour ses 54 tours toutes ornées de quatre visages, symbolisant les quatre vertus de Bouddha. Selon une autre hypothèse, ces visages seraient celui de Jayavarman VII regardant la plaine et son empire dans toutes les directions. Ces tours constituent l'innovation majeure du style du Bayon, dont le temple est un des exemples les plus aboutis. Sa décoration est d'une exceptionnelle richesse et marque l'apogée de l'art bouddhique "mahāyāna". Les murs des galeries du premier étage sont ainsi ornées de bas-reliefs finement sculptés, représentant notamment de nombreuses scènes de la vie quotidienne des Khmers au 12e siècle.


Le temple Ta prohm


Jayavarman VII fit également construire le temple Ta prohm, monastère et université bouddhique Mahāyāna, pour que sa mère puisse s'y retirer avec son gourou. Situé un kilomètre à l'est d'Angkor Thom sur le bord sud du baray oriental, le Ta Prohm est entouré par une enceinte de 1000 m sur 700 m dont les portes, situées aux quatre points cardinaux, sont également ornées d'une tour à quatre visages. Cinq enceintes successives constituent le plan général du site. Une inscription révèle que 12640 personnes servaient dans ce seul temple et que plus de 60000 fermiers produisaient plus de 2500 tonnes de riz annuelles pour les nourrir, ce qui donne une idée de la taille extraordinaire pour l'époque de la capitale de l'Empire khmer alors à son apogée.

À la différence de la plupart des autres monuments d'Angkor, le Ta Prohm a été laissé dans un état proche de sa redécouverte au début du 20ème siècle, ayant été choisi par l'École française d'Extrême-Orient comme "concession au goût général pour le pittoresque" selon Maurice Glaize. Malgré tout, d'importants travaux ont été nécessaires pour en stabiliser les ruines et en permettre l'accès. Le Ta Prohm est ainsi envahi par de grands arbres au tronc blanc argenté, appelés fromagers, dont les longues racines ondoyantes déforment l'architecture, s'agrippent et se répandent sur les murs et le sol.

Les terrasses des éléphants et du roi lépreux


On doit également à Jayavarman VII les terrasses des éléphants et du roi lépreux, qui dominaient la grande place centrale d'Angkor Thom. Le soubassement de la première est orné de bas-reliefs représentant des éléphants et leurs cornacs dans des scènes de chasse, ainsi que des garudas et des lions. La seconde doit son nom à une statue du 15ème siècle, dont l'original est conservé au Musée national du Cambodge à Phnom Penh, mais qui représenterait en réalité Yama, le dieu de la mort dans l'hindouisme.

La magnificence de cette capitale était telle qu'aucun des successeurs de Jayavarman VII ne jugea bon de la remplacer ou d'ajouter le moindre grand monument à l'ensemble existant, dont l'émissaire chinois Tcheou Ta Kouan faisait cette description à la fin du 13ème siècle:
" Les parapets des ponts sont entièrement en pierre, taillée en forme de serpents qui ont tous neuf têtes. Les cinquante-quatre divinités retiennent toutes le serpent avec leurs mains, et ont l'air de l'empêcher de fuir. Au dessus de chaque porte de la muraille, il y a cinq grandes têtes de Bouddha en pierre, dont les visages sont tournés vers les quatre points cardinaux: au centre est placée une des cinq têtes qui est ornée d'or. (...) Au centre du royaume, il y a une Tour d'or (Bayon), flanquée de plus de vingt tours de pierre et de plusieurs centaines de chambres de pierre. Du côté de l'Est est un pont d'or; deux lions d'or sont disposés à gauche et à droite du pont; huit Buddhas d'or sont disposés au bas des chambres de pierre."

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La terrasse des éléphants, escalier.
Albums photo des temples d'Angkor

De tous les rois de l'Empire khmer, Jayavarman VII restera dans l'histoire celui qui a le plus construit. Sa mort en 1218 marquera le début du déclin de l'Empire khmer, pris en étau entre les royaumes Champa et Siam.

Les temples d'Angkor

Partez à la découverte des principaux temples du site d'Angkor en images: le Banteay Srei, le Pre Rup, le Ta Keo, Angkor Vat, le Bayon, le Ta prohm, les terrasses des éléphants et du roi lépreux, le Ta Som.

Le Banteay Srei


Le Banteay Srei, littéralement "la citadelle des femmes", a été fondé en 967 par le brahmane Yajnavaraha. La couleur rose de son grès et la finesse exceptionnelle de ses sculptures et ornementations font de ce temple un joyau de l'art khmer.
Il a été rendu célèbre par la tentative de pillage de Malraux qui en découpa certains bas-reliefs pour tenter de les ramener en France et les revendre à un collectionneur. Mais il sera arrêté à Phnom-Penh puis condamné.




Le Pre Rup


Construit au sud du baray oriental, le Pre Rup est consacré à Śiva. Les tours sont érigées au sommet d'une pyramide à cinq degrés, que l'on gravit par des escaliers escarpés et gardés de lions.




Le Ta Keo


C'est Jayavarman V qui a fait ériger le Ta Keo, son temple d'État, un temple-montagne classique avec cinq tours élevées sur une pyramide à cinq niveaux, très escarpés, sans pouvoir en terminer la construction, jamais achevée, d'où l'aspect brut de ce temple.



Le temple d'Angkor Vat


Angkor Vat est le plus grand et le plus célèbre de tous les temples khmers, temple d'état de Suryavarman II, reflet d'un règne qui marqua l'apogée de la puissance khmère et la plus grande expansion de l'empire. Il figure sur le drapeau du Cambodge, dont il est devenu le symbole.




Le temple du Bayon à Angkor Thom


Le Bayon, temple d'État de Jayavarman VII dédié à Bouddha, comptait 54 tours toutes ornées de quatre visages symbolisant les quatre vertus de Bouddha. Construit en grès et en latérite, il est le dernier des "temples-montagnes" bâti à Angkor.



Le temple du Ta Prohm envahi par la végétation


Le Ta Prohm, monastère et université bouddhique édifié par Jayavarman VII, a été laissé dans un état proche de sa redécouverte au début du 20ème siècle, choisi par l'École française d'Extrême-Orient comme "concession au goût général pour le pittoresque". Ce temple est ainsi connu pour ses énormes racines qui ont envahi les blocs de pierre.




Les terrasses des éléphants et du roi lépreux


Les deux terrasses, dont la construction débuta sous Jayavarman VII, dominaient la place centrale d'Angkor Thom. La première est ornée de bas-reliefs représentant des éléphants et leurs cornacs dans des scènes de chasse, ainsi que des garudas et des lions. La seconde doit son nom à une statue du 15e siècle, dont l'original est conservé au Musée national du Cambodge à Phnom Penh.




Le Ta Som


Ce temple de dimension modeste a été érigé par Jayavarman VII vers la fin du 12ème siècle. Il est dédié à la mémoire des ancêtres des rois. Comme le Ta Prohm, il est largement envahi par la végétation.

Apsaras des temples d'Angkor

Les apsaras sont des créatures divines d'une grande beauté et possédant une voix envoûtante, expertes en musique et dans l'art de la danse. Elles sont souvent représentées dans les bas-reliefs des temples khmers. Leur nombre varie d’une centaine à Banteay Srei jusqu'à 1800 à Angkor Vat... Elles se caractérisent par leurs courbes sensuelles et sont souvent représentées la poitrine nue, légèrement mais somptueusement vêtues de tissus brodés maintenus aux hanches. Coiffées de tiares et de hauts diadèmes, leur corps est couvert de joyaux: colliers, pendentifs d’oreille, bracelets et anneaux de cheville.... Figées dans la pierre, elles semblent offrir un spectacle éternel aux dieux.

Ces représentations ont fortement impressionné les premiers visiteurs occidentaux d'Angkor, littéralement fascinés par leur beauté et leur sensualité, à l'image de Pierre Loti qui les décrit ainsi dans un pèlerin d'Angkor:

"Les Apsaras, qu'elles sont jolies et souriantes sous leurs coiffures de déesses, avec pourtant toujours celte expression de sous-entendu et de mystère qui ne rassure pas... Très parées, ayant des bracelets, des colliers, des bandeaux de pierreries, de hautes tiares pointues ou des touffes de plumes, elles tiennent entre leurs doigts délicats, tantôt une fleur de lotus, tantôt d'énigmatiques emblèmes; toutes celles que l'on peut atteindre en passant ont été si souvent caressées, au cours des siècles, que leurs belles gorges nues luisent comme sous un vernis, et ce sont les femmes qui, pendant les pèlerinages, les touchent passionnément pour obtenir d'elles la grâce de devenir mères."

Les apsaras photographiées sont situées principalement dans les galeries d'Angkor Vat, mais également dans les temples du Bayon et du Ta Prohm.

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Buste d'apsara, bas-relief, Angkor Vat

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Apsara, bas-relief, Angkor Vat

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Visage d'apsara, Bayon

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Groupe d'apsaras, bas-relief, Angkor Vat

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Apsara dansant, bas-relief, Bayon

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Buste d'apsara, bas-relief, Angkor Vat

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Apsara Rambha, bas-relief, Angkor Vat

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Danse d'apsaras, bas-relief, Bayon

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Apsara, bas-relief, Ta Prohm